Philoctète, une blessure Philoctète, une blessure Philoctète, une blessure

Philoctète, une blessure

Ça commence par des spectateurs face à un acteur dans un théâtre. Ça finira par des citoyens face à un semblable.
Philoctète (l’acteur), exilé, est étonné de voir venir à lui une assemblée (les spectateurs). Alors qu’elle l’avait exclu, la société a finalement besoin de lui. Il faut qu’il accepte de réintroduire celle qui l’a rejeté. Il refusera.
Nous (les spectateurs) assisterons alors à la solitude de Philoctète. Après avoir observé son intimité, nous découvrirons son intériorité. Dès cet instant, Philoctète (l’acteur) ne nous prendra plus en compte. Le cadre du théâtre retrouvera alors sa fonction séparatrice entre la salle et la scène. C’est à cet instant que fiction et onirisme remplaceront la réalité de la représentation théâtrale (des spectateurs face à un acteur dans un même espace).
S’ensuit la fuite de Philoctète, ramant dans une mer déchainée, puis englouti par une baleine. C’est là que débutera son voyage intérieur. Là tout est fiction, onirisme, voire magie.
Un dispositif scénique léger : Un tabouret et un frigo définissent l’espace de vie –spartiate- de Philoctète.
De l’image projetée : Le sol comme principal écran, un vélum (une voile potentielle ?) comme écran secondaire, et Philoctète et son frigo (son compagnon de route ? un radeau ? la baleine ?) noyés dans l’image.
C’est donc dans un dispositif dédié à la fiction voire -l’image projetée aidant- à la magie qu’est représenté Philoctète. Mais quand les spectateurs prendront parti (deviendront actifs) la fiction s’effacera au profit de la réalité de la représentation : des citoyens face à un semblable dans un même espace (on s’efforcera alors d’amoindrir tout élément scindant l’espace du théâtre en une salle et une scène).


texte Pierre-Yves Chapalain
mise en scène Anne-Margrit Leclerc, Eric Petitjean
avec Eric Petitjean et la voix de Bénédicte Charton
son Benoît Favereaux
scénographie Grégoire Faucheux
lumière Pierre Peyronnet
vidéo David Coignard
costumes Pascale Robin
production Compagnie de l’Etang rouge, Mont-sous-Vaudrey, Compagnie du Jarnisy, Jarny
création 13 janvier 2015, Les scènes du Jura, Lons-le-Saunier
photographies Pierre Grosbois